simulation de rachat de prêts

Avant de demander un regroupement de crédits : les trois chiffres à poser sur la table

Quand on cumule plusieurs crédits, la question qui revient est presque toujours la même : est-ce que ça vaut le coup de tout regrouper ? La réponse tient rarement dans une intuition. Elle tient dans trois chiffres, que l’on peut calculer soi-même en quelques minutes, avant même de constituer un dossier. Un conseiller les regardera de toute façon. Autant les connaître avant lui.

Premier chiffre : ce que vos crédits pèsent dans vos revenus

C’est le taux d’endettement. On additionne toutes les mensualités de crédit en cours (immobilier, auto, travaux, réserve d’argent, prêt personnel), on divise par les revenus nets mensuels du foyer, et on multiplie par cent. Le repère habituellement retenu par les établissements se situe autour de 35 %, assurance comprise. Au-dessus, un nouveau financement passe difficilement ; en dessous, le dossier se discute.

Ce pourcentage a une utilité précise dans une réflexion de regroupement : il permet de mesurer l’écart entre la situation actuelle et celle qu’une mensualité unique produirait. Un foyer à 41 % qui repasse à 30 % après opération ne se trouve pas dans la même position qu’un foyer à 33 % qui descendrait à 29 %. Dans le premier cas, le regroupement change quelque chose de structurel ; dans le second, il faut se demander si l’allongement de la durée vaut la différence.

Pour ne pas se tromper, deux précautions. Inclure l’assurance emprunteur du prêt immobilier dans les mensualités, ce que beaucoup oublient et qui décale le résultat d’un ou deux points. Et ne retenir côté revenus que ce qui est stable : les primes exceptionnelles ou les revenus locatifs irréguliers seront de toute façon écartés ou minorés par l’établissement.

Le calculateur de taux d’endettement de Moneyo fait ce calcul à partir de vos charges et de vos revenus, et affiche aussi ce que deviendrait le ratio après un regroupement. Il est gratuit et ne demande pas d’inscription.

Deuxième chiffre : ce qu’il vous reste une fois tout payé

Le taux d’endettement a une limite : il ne dit rien du montant réel dont vous disposez. Un ménage à 30 % avec 2 000 € de revenus garde 1 400 € pour vivre ; un autre à 30 % avec 6 000 € en garde 4 200. Même pourcentage, deux réalités. C’est pour ça que les établissements regardent aussi le reste à vivre, en euros, rapporté au nombre de personnes du foyer.

Le calcul est une soustraction : revenus nets, moins mensualités de crédit, moins charges fixes du logement qui ne passent pas par un prêt (taxe foncière lissée sur l’année, charges de copropriété, assurance habitation), moins pensions versées. Le montant obtenu se lit ensuite par adulte et par enfant.

Dans une logique de regroupement, c’est souvent ce chiffre qui tranche. Si le reste à vivre actuel provoque des découverts en fin de mois, des frais d’incident, des reports de dépenses nécessaires, alors une mensualité plus basse a une utilité concrète, même si elle coûte plus cher sur la durée. Si le reste à vivre est déjà confortable et que les crédits en cours se terminent dans deux ou trois ans, le regroupement se justifie moins.

Le calculateur de reste à vivre donne le montant total et par personne, avec le taux d’endettement associé. Refaire le calcul deux fois, avec les mensualités actuelles puis avec une mensualité unique estimée, montre immédiatement ce que l’opération changerait au quotidien.

Troisième chiffre : la nouvelle mensualité, et ce qu’elle coûte

C’est celui que tout le monde veut connaître en premier, et c’est pourtant celui qu’il faut regarder en dernier, une fois les deux autres posés. Un regroupement remplace plusieurs échéances par une seule, calculée sur le capital restant dû de l’ensemble des crédits repris, à un taux unique, sur une durée nouvelle. La mensualité baisse presque toujours. Le coût total, lui, augmente presque toujours, parce que la durée s’allonge.

Cette contrepartie n’est pas un défaut caché de l’opération, c’est son principe. Ce qui compte, c’est de la chiffrer avant de s’engager : combien de mensualité gagnée chaque mois, sur combien d’années supplémentaires, pour quel surcoût global. Trois durées différentes donnent trois équilibres différents, et le bon n’est pas forcément le plus long.

Le simulateur de Moneyo calcule la mensualité unique à partir des capitaux restants et de la durée choisie, et affiche la baisse obtenue, le taux d’endettement avant et après, et le coût total sur la nouvelle durée. Il permet de tester plusieurs durées avant de retenir un scénario.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Ils donnent une photographie, pas une décision. Une simulation applique une formule aux données que vous saisissez ; elle ne connaît ni votre historique bancaire, ni la valeur de votre bien, ni la grille de l’établissement qui étudiera le dossier. Le taux réellement proposé, les frais, la garantie éventuellement demandée dépendent de votre profil, et deux organismes peuvent répondre différemment à la même situation.

C’est justement pour cette raison qu’une étude personnalisée reste l’étape décisive. Les trois chiffres servent à y arriver préparé : savoir où l’on se situe, ce que l’on cherche à obtenir, et à partir de quel surcoût l’opération ne vaut plus la peine.

Un exemple pour fixer les idées

Un couple propriétaire, 3 400 € de revenus nets. Prêt immobilier de 820 € assurance comprise, crédit auto de 240 €, prêt travaux de 190 €, réserve d’argent utilisée pour 110 € par mois. Total : 1 360 €, soit exactement 40 % d’endettement. Reste à vivre après charges de logement : environ 1 500 € pour deux, avec un enfant. Les découverts sont devenus réguliers.

Un regroupement des trois crédits conso, hors immobilier, sur six ans au lieu des deux à quatre ans restants, ramène la part conso de 540 € à environ 310 €. Le taux d’endettement passe à 33 %, le reste à vivre gagne 230 € par mois. Le surcoût sur la durée est réel, mais les frais d’incident disparaissent et le budget redevient lisible. Dans cette situation, l’opération se défend. Avec les mêmes revenus et un reste à vivre de 2 200 €, elle se défendrait beaucoup moins.

La différence entre les deux cas ne se voit pas dans l’intuition. Elle se voit dans les chiffres, et ils prennent dix minutes à obtenir. C’est le meilleur investissement possible avant de demander une étude de regroupement.

Défiler vers le haut